jeudi 14 avril 2011

Génération susceptibilité ?


J’assistais à une conférence sur la génération Y hier soir en simple observateur : pour une fois, ce n’était pas moi qui parlais !!! Le consultant (autoproclamé spécialiste des jeunes mais aussi d’une dizaine d’autres thèmes !) a fait un discours classique sur le sujet. Il était caricatural mais, à sa décharge, en 45 minutes sur un sujet aussi vaste, il est difficile de ne point l’être.

L’intérêt de la conférence était ailleurs : quatre jeunes de la génération Y étaient appelés à réagir par la suite. Apparemment, ils avaient mal pris le fait que le consultant ne souligne que les mauvais côtés de leur génération. Etre qualifiés d’enfants-roi, de narcissiques, etc., n’était pas de leur goût. Par la virulence de leurs réactions et leur bagout, ces jeunes faisaient au moins la démonstration de leur caractère décomplexé et de leur aisance sociale.

« Peut-être que nous sommes une génération susceptibles ! » lança une jeune fille de façon ironique face au consultant qui tentait de répondre aux critiques. Sans le savoir, elle n’avait sans doute pas tout à fait tort. Certes, les propos du consultant était grossis et majoritairement péjoratifs, mais la vigueur de la réaction de ses quatre jeunes actifs montrait aussi comme ils avaient été blessés en plein cœur par cet exposé. Pour cette génération, l’image de soi est primordiale. Attention à ne pas les vexer ! ;-)

vendredi 1 avril 2011

Le travail est important...

Contrairement à ce que l’on entend souvent, le travail est qualifié d’important par 92% des jeunes : seuls 4% le jugent peu important. A la question : « dans la vie, qu’est-ce qui est important pour vous ? », le travail arrive en deuxième position, derrière la vie de famille, mais devant l’argent, les amis, les loisirs et le temps libre. Mieux, entre les deux tiers et les trois quarts d'entre eux ne souhaitent pas s’en dispenser : même en gagnant au Loto, ils souhaiteraient poursuivre une carrière professionnelle, sans doute sensiblement différente, mais devenir rentier n’est en tout cas pas leur rêve le plus fou.

Il faut dire que les jeunes Français sont près d’un quart, soit bien plus que leurs confrères européens, à penser que ceux qui ne travaillent pas deviennent paresseux et seulement 3% à appréhender le travail uniquement comme une nécessité économique. Il y a d’ailleurs lieu de noter qu’il y a peu d’écarts en Europe entre les jeunes et les aînés sur l’importance du travail ; la France ne fait pas exception à cette règle.

Le travail est une valeur importante pour les jeunes actifs, mais relativisée par rapport à d'autres facettes identitaires.
RDV dans les prochains messages pour développer cette idée !

dimanche 20 mars 2011

Vive l'autonomie relationnelle !

L’autonomie des jeunes s’accroît grâce à divers objets qui sont des alliés pour limiter la surveillance parentale. Le scooter par exemple, qui permet une plus grande indépendance et liberté de déplacement, mais aussi et surtout les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Le téléphone portable et Internet sont des facteurs d’émancipation juvénile équivalents à ce que furent en leur temps les appareils ménagers pour les femmes !!!

Grâce à eux, les jeunes peuvent communiquer avec l’extérieur sans passer par le téléphone fixe familial. Cette « autonomie relationnelle » s’est d’autant plus accrue que les équipements personnels se sont multipliés : ordinateurs portables, télévision dans la chambre, lecteurs MP3, consoles vidéo, téléphones portables… Désormais, chacun dispose de son écran : plus de 40% des collégiens ont dans leur chambre une console de jeu, plus d’un tiers un ordinateur, plus de 50% une télévision. Au total, 92% des adolescents disposent d’un ordinateur à domicile et plus de 40% ne sont pas limités dans l’utilisation d’Internet par leurs parents. D’ailleurs, parmi ceux qui sont contrôlés, moins de 15% qualifient ce contrôle parental de fort.

mardi 15 mars 2011

Les jeunes vus par les vieux


La moitié des Français a une image plutôt négative des jeunes, l’autre moitié une image plutôt positive, les avis étant mitigés puisque peu d’individus se situent aux extrêmes avec une image très positive ou très négative [1].
Ce sont les hommes entre 35 et 55 ans, résidant en zone périurbaine ou milieu rural qui se montrent les plus critiques à notre égard, les seniors étant quant à eux plus indulgents.

Quels sont les traits que vous appréciez chez les jeunes et ceux que vous leur reprochez ? D’un côté, plus de 60% des adultes louent leur créativité, leur inventivité et leur sens de l’adaptation. De l’autre, deux tiers les considèrent individualistes, environ 60% ont l’impression qu'ils sont peu lucides ou réalistes, peu responsables dans leurs comportements. Enfin, un peu plus de la moitié estiment qu'ils ne sont ni solidaires, ni tolérants, ni prêts à s'engager pour des causes utiles à la société !


[1] Observatoire de la jeunesse solidaire, Etude perception des jeunes, Audirep/Afev, 2009 et 2010. Les résultats sont quasi identiques d’une année sur l’autre entre 2009 et 2010.

mardi 8 mars 2011

Les conflits intergénérationnels : un miroir aux alouettes ?

En ce qui concerne les conflits intergénérationnels, méfions-nous de ceux qui en voient partout : c’est avant tout une excellente excuse pour se présenter en victime d’évolutions sociétales et faire la politique de l’autruche ! Voici deux exemples de missions réalisées pour le compte de DRH au cours desquelles il s’est avéré que les âges ne constituaient que la partie émergée de l’iceberg :

-  Dans un groupe pétrochimique, les anciens se plaignaient des moindres compétences techniques des nouveaux arrivants. Selon eux, l’augmentation du nombre de pannes en était la preuve. En réalité, ce n’était pas la qualification des jeunes qui était en cause, mais le vieillissement du matériel !

-  Dans une entreprise industrielle, les jeunes sont perçus comme arrogants, arrivistes et fainéants. Après enquête, le dénigrement s’avère dû à la jalousie des anciens du fait de la segmentation de la politique RH et de l’évolution de la classification. L’entreprise embauche des jeunes plus diplômés qu’autrefois et leur propose donc des progressions plus rapides. Ainsi, ils parviennent en quelques années à des postes et à des niveaux de salaires que les anciens avaient mis toute leur carrière à obtenir !

lundi 7 mars 2011

Génération caméléon ?

Le nombre de qualificatifs pour désigner la génération Y est impressionnant :

génération 35 heures, génération alter ego, génération always on, génération @, bof génération, boomerang génération, génération branchée, génération bricolage, génération cannabis, génération Chirac, génération clic, génération client-roi, génération Club Dorothée, génération cocooning, génération contrat, génération courage, génération culturellement pressée, cybergénération, génération D., génération désenchantée, génération design, génération développement durable (DD), digital immigrants, doityourselfgeneration.com, génération Dolto, génération donnant-donnant, génération dot.com, e-Génération, Echo-boomers, génération enchaînée, génération enfant-roi, first digitals, flex-génération, génération glisse, génération horizontale, génération Internet, génération marketing, génération Mc Do, génération métissée, génération Me-We, millennials, génération « moi d’abord », Net génération, génération Nintendo, génération « no limit », génération Nouvelle Star, génération Nutella, génération « oui, si », génération pantoufle, génération perdue, génération portefeuille, génération des potes, génération précaire, génération Reebok, génération révolte, génération sportwear,  génération Tanguy, génération tech, thumb generation (génération pouce), génération des transparents, génération tribu, génération We, génération « why ? », génération www, génération Y (ou GenY, Yers…), génération zapping, génération 2.0…

Cela fait beaucoup de dénominations pour une seule et même génération ! Bref, les jeunes d'aujourd'hui forment surtout la génération caméléon !.

dimanche 6 mars 2011

Quelques clichés sur les jeunes... de la part d'illustres personnages

Quand votre voisin s'exclame "c'était mieux avant !" ou daube sur la jeunesse actuelle, il ne fait que s'inscrire dans la lignée d'auteurs parfois illustres qui ont contribué depuis des milliers d'années à dire du mal des jeunes.

« Notre jeunesse aime le luxe, elle est mal élevée, elle se moque de l’autorité et n’a aucune espèce de respect de ses aînés. Nos enfants d’aujourd’hui sont des tyrans. Ils ne se lèvent pas quand un vieillard entre dans une pièce, ils répondent à leurs parents et ils sont tout simplement mauvais », disait Socrate cinq siècles avant J-C. 

« Notre monde a atteint un stade critique. Les enfants n’écoutent plus leurs parents. La fin du monde ne peut être très loin », ajoutait un prêtre égyptien au quatrième millénaire avant Jésus-Christ.

« Cette jeunesse est pourrie jusqu’au fond du cœur. Les jeunes gens sont malfaisants et paresseux. Ils ne seront jamais comme les jeunes d’autrefois. Ceux d’aujourd’hui ne seront pas capables de maintenir la culture », était-il écrit sur un vase babylonien 3000 ans plus tard.

« Je n’ai plus aucun espoir pour l’avenir de notre pays si la jeunesse d’aujourd’hui prend le commandement demain parce que cette jeunesse est insupportable, sans retenue, simplement terrible », complétait Hésiode 700 ans avant Jésus-Christ.